I - La
création d’entreprises
Les
étapes :

EN BREF...
Tout projet de création d'entreprise commence par une idée.
Qu'elle naisse de l'expérience, du savoir-faire, de la créativité ou d'un
simple concours de circonstance, l'idée prend souvent la forme d'une intuition
ou d'un désir qui s'approfondit et mature avec le temps.
Il existe une grande variété de formes d'idées :
plus l'idée est nouvelle, plus il
faudra s'interroger sur la capacité des futurs clients à l'accepter,
plus elle est banale, plus il conviendra de
s'interroger sur sa réelle utilité par rapport à l'offre déjà existante sur le
marché.
Trouver une idée de création
d'entreprise
Aucune idée ne peut être considérée, de prime abord, comme
supérieure par rapport à une autre dans le domaine de la création
d'entreprise. Une innovation technologique révolutionnaire ne présente
pas plus d'atouts, au départ, que la saisie d'une simple opportunité
commerciale sur un marché banal.
Créer dans son métier (activité connue)
Ce type de
création peut paraître, a priori, le moins risqué : l'idée est bien maîtrisée
car elle correspond à un métier exercé pendant plusieurs années. Les règles du
jeu sont connues, les compétences techniques à mettre en oeuvre
font partie du savoir-faire que l'on possède, bref, on se sent à l'aise.
En matière de création d'entreprise, le professionnalisme du créateur est
naturellement un facteur de réussite. Ceux qui créent dans un métier qu'ils
connaissent bien ont généralement plus de chances de réussir que ceux qui se
risquent dans l'inconnu.
Il convient,
cependant, d'être prudent. Cette voie d'accès à la création d'entreprise peut
donner un sentiment de sécurité factice : le professionnel est expert dans son
domaine, mais ne maîtrise pas forcément les autres facettes du "métier de
créateur" (commercialisation, gestion, ...) et ne suit pas toujours
l'évolution qui se produit dans son métier de base.
Il doit également être en mesure d'appréhender le marché visé pour pouvoir
"faire sa place" face aux concurrents.
Les nouvelles idées, nouvelles tendances
Créer une entreprise à partir de nouvelles
idées, de nouvelles tendances nécessite de rester à l'affût de tout ce qui se passe
en France ou ailleurs en matière de nouveaux produits, de nouveaux modes de
consommation, de nouveaux concepts marketing...
La plupart des magazines économiques ou spécialisés en création d'entreprise
s'en font l'écho et de nombreux sites internet consacrés aux tendances de notre époques ont vu le jour. Pour les repérer, consulter le
dossier nouvelles idées et tendances.
Nouveau : recevez par e-mail les
"nouvelles idées, nouvelles tendances" repérées dans la presse en vous abonnant
gratuitement à la lettre de l'APCE.
Il est également indispensable d'assurer une
veille dans les annonces de "recherches de partenariat", bulletins de
"propositions d'affaires", bourses d'opportunités, car certains ont
le produit ou le savoir-faire mais manquent de moyens et recherchent un associé
! Pour cela, plusieurs pistes :
- se rapprocher des chambres de commerce et d'industrie (CCI), des chambres de
métiers et de l'artisanat (CMA) ou des autres
organismes de développement économique local qui proposent souvent ce service,
- consulter les annonces (offres d'association) de l'espace emploi du site de l'APCE (ou déposer une annonce),
- participer au forum de l'APCE consacré à la recherche
de partenaires.
On peut également acheter un brevet ou
négocier une licence d'exploitation d'un brevet ou d'une marque.
La franchise ou concession peut enfin être
envisagée. La notoriété et l'ancienneté du concédant ou du franchiseur ainsi
que l'existence de son réseau apportent (avec les obligations d'information qui
leur sont imposées) un certain gage de sécurité pour la réussite de l'entreprise
nouvelle. Mais cela ne dispense naturellement pas de questionner soi-même une
ou plusieurs entreprises liées avec le concédant ou le franchiseur envisagé. Consulter le
dossier franchise.
Si toutes ces pistes balisées ne conviennent pas, il reste alors à rechercher
une idée vraiment nouvelle d'entreprise.
L'opportunité pure
Une opportunité,
une bonne occasion, "l'affaire à ne pas manquer" peut également se
présenter !
Pour déceler une opportunité, il convient tout d'abord de se mettre dans une
disposition d'esprit favorable, se résumant à :
Avoir en permanence l'esprit critique pour
juger des situations commerciales présentes, des réels mérites des positions
acquises par certaines entreprises, des lacunes des systèmes établis, des
défauts des produits ou services offerts, etc. Bien des nouveaux concepts de
produits, de services ou de prestations sont le fruit d'une remise en cause ou
d'une carence constatée dans l'offre par rapport aux problèmes rencontrés dans
la vie en général.
Exercer en permanence une grande curiosité
intellectuelle : le monde change vite et sans répit. Pour en saisir les
opportunités encore faut-il rester en prise avec lui. Cela nécessite une
disponibilité intellectuelle importante pour s'informer, analyser, comprendre,
anticiper, voire prédire certaines évolutions. Etre curieux de tout pour
détecter les opportunités.
Faire preuve d'une grande ouverture d'esprit
et savoir accepter les apports extérieurs, les savoir-faire ou pratiques
différentes qui peuvent ouvrir de nouvelles possibilités commerciales. Il y a
souvent, dans les autres économies nationales, quelque chose à transposer ou à
adapter pour en faire un projet commercial en France.
L'application nouvelle
Créer une
entreprise à partir d'une application nouvelle consiste à utiliser une
technique, un savoir-faire, un produit connu en le transposant dans une autre
activité, dans un nouveau contexte ou sur un marché différent.
Il y a une part d'innovation dans les applications nouvelles et la réaction
souhaitée du consommateur n'est pas toujours certaine. Un projet de création
dans une application nouvelle est donc plus risqué, mais en cas de succès la
rentabilité est supérieure, par contre le plagiat peut être très rapide.
La période actuelle, empreinte d'une évolution sociologique rapide des valeurs
et des modes de vie est favorable aux applications nouvelles.
L'innovation
pure
L'innovation pure relève d'un exercice plus ardu. Créer un nouveau
produit, généralement à fort contenu technologique, entraîne des besoins
importants de capitaux pour passer à la phase préindustrielle, pour réaliser
une étude de marché, nécessairement approfondie, et pour attendre la réponse du
marché. Dans ce cas-là, les risques se cumulent, mais la rentabilité s'avère
normalement bien plus élevée que dans une activité banale où la concurrence est
souvent très forte.
L'idée en soi ne
peut être protégée.
Seule peut être protégée la forme selon laquelle elle s'exprime : invention,
marque, création littéraire ou artistique...
D'une manière générale, on appelle propriété
intellectuelle, les droits qui protègent les créations
"issues de l'activité de l'esprit humain" contre toute appropriation
de tiers. Ces droits se divisent en deux branches :
Le
droit d'auteur
Il
protège les oeuvres de l'esprit :
- les oeuvres littéraires : thèses, romans, pièces de
théâtre...
- les oeuvres d'art : peintures, sculptures, oeuvres d'arts appliqués à l'industrie, plans
d'architectes, photographies'
- les oeuvres musicales ou audiovisuelles,
- les logiciels.
Le droit d'auteur est attribué "naturellement", sans
l'accomplissement de formalités particulières.
Toutefois, il s'avère utile, avant de divulguer sa création à des tiers, de se préconstituer des preuves pour être en mesure d'attester
que l'on est bien l'auteur de cette création et faire valoir ainsi, le jour
voulu, ses droits.
Plusieurs procédures sont possibles :
Utiliser l'enveloppe Soleau mise à disposition des créateurs par l'INPI
(Institut national de la propriété industrielle).
Déposer un document retranscrivant l'idée
auprès de la SGDL (Société des gens de lettres).
Utiliser un service de dépôt en ligne tel que
celui :
- de la SGDL
- de Cyberprotec
- de CréaSafe
- de Fidealis
- ou encore de Me Fradin, huissier de justice à Lyon.
Faire établir un constat d'huissier ou un
acte notarié, ou s'adresser, soi-même, un pli recommandé qui ne sera pas ouvert
lors de la réception.
Pour en savoir plus, se reporter au document Protéger son idée.
Les
droits de propriété industrielle
Ils se
répartissent en deux catégories :
- les droits sur les créations nouvelles, qu'il s'agisse de créations à
caractère utilitaire (brevets d'invention) ou à caractère ornemental (dessins
et modèles),
- les droits sur les signes distinctifs : marques, appellations d'origine,
indications de provenance.
Les droits de propriété industrielle, contrairement aux droits d'auteur,
nécessitent l'accomplissement de formalités particulières auprès de l'INPI - Institut national de la propriété industrielle -
La
protection d'une invention s'obtient par la délivrance d'un
brevet ou d'un certificat d'utilité.
Pour être brevetable, l'invention doit répondre à 3 critères :
- elle doit présenter un caractère absolu de nouveauté : elle ne doit jamais
avoir été divulguée au public,
- elle ne doit pas découler d'une manière évidente de l'état de
déposer une brevet,
- elle doit être susceptible d'application industrielle.
Le
dépôt d'une marque peut être réalisé par toute entreprise,
quelle que soit sa forme, ou toute personne physique.
Il peut s'agir d'une marque de fabrique, de commerce ou de service, ou tout
simplement du nom de l'entreprise s'il est suffisamment original et non encore
utilisé par une autre entreprise concurrente.
Peuvent faire l'objet d'un dépôt de marque auprès de l'INPI,
à condition qu'ils soient distinctifs et suffisamment originaux :
- un signe verbal, qui peut s'écrire ou se prononcer : nom, mots, lettres,
chiffres, sigles, slogans...
- un signe figuratif : dessins, logos, hologrammes, reliefs... mais aussi des
formes, nuances précises ou combinaisons de couleurs...
- un signe sonore : sons, phrases musicales pouvant être matériellement
traduits.
Les
dessins et modèles peuvent également faire l'objet d'un
dépôt. Désormais, la protection d'un dessin ou d'un modèle peut s'acquérir par
l'enregistrement et non seulement du fait de sa création.
Deux systèmes coexistent donc : la protection des dessins et modèles par les
droits d'auteurs et par l'enregistrement à l'INPI.
La protection des dessins et modèles s'applique à l'apparence d'un produit ou
d'une partie d'un produit ainsi qu'à son ornement, caractérisée en particulier
par ses lignes, ses contours, ses couleurs, sa forme, sa texture ou ses
matériaux.
Pour bénéficier de la protection :
- le dessin ou modèle doit être nouveau, c'est-à-dire qu'il ne doit pas être
identique ou quasi-identique à un dessin ou modèle divulgué au public
antérieurement,
- il doit présenter un caractère propre, c'est-à-dire susciter chez
l'observateur averti une impression visuelle d'ensemble différente de celle
suscitée par toute création diffusée précédemment.
Quelle que soit
son origine, l'idée ne représente, au départ, rien de bien concret.
Pour passer à un projet réaliste, la première chose à faire est de bien la
définir, c'est-à-dire de se forcer à la résumer en quelques lignes précises,
concises et fortes.
Cet exercice va permettre de coucher sur le papier cette fameuse idée,
d'arriver à en cerner clairement les différents aspects en évoquant :
- les caractéristiques du produit ou du service envisagé,
- son utilité, son usage, les performances prévues,
- les grands principes de fonctionnement de l'entreprise à créer.
A ce stade de la réflexion, il faut s'efforcer de prendre conscience des "moins" (faiblesses, lacunes) du produit ou du service proposé, mais aussi, a contrario, des "plus" (caractère novateur ou spécifique) et de ses avantages concurrentiels.
Télécharger gratuitement le guide de l'APCE intitulé : Valider son idée de création d'entreprise

EN BREF...
Quelle
que soit l'origine du projet de création, il est indispensable, pour lui donner
un maximum de chances de réussir, de vérifier sa cohérence avec son
projet personnel.
Les porteurs de projet
négligent malheureusement trop souvent cette étape pour se concentrer
uniquement sur la faisabilité économique, commerciale et juridique de leur
projet.
C'est une erreur ! La maturation d'une idée doit impérativement tenir compte
d'éléments plus personnels. Choisir de créer ne se résume pas à un choix de
biens et de services à produire et à commercialiser, c'est aussi le choix d'un
mode de vie particulier, qui doit être en cohérence avec les exigences du
projet.
Vérifier
cette cohérence suppose :
- de définir son projet personnel,
- d'analyser les contraintes et
exigences inhérentes au projet et de s'assurer qu'elles peuvent être
surmontées,
- de vérifier qu'ils n'y a pas
de contradictions et d'évaluer les écarts et les actions correctrices à mener.
Le bilan personnel
La réussite d'une entreprise
ne dépend pas uniquement d'évènements extérieurs. Le développement du chiffre
d'affaires, l'accroissement des parts de marché, l'apparition d'un bénéfice
sont des événements économiques nécessaires à la pérennité de l'entreprise,
mais non suffisants.
Deux questions sont alors primordiales :
- Quels sont mes contraintes et objectifs personnels ?
- Quelles compétences et aptitudes sont nécessaires pour mener à bien le projet
?
Les
contraintes personnelles
En devenant chef d'entreprise, il va falloir passer d'une certaine situation personnelle à une autre, où, par nature, règnent l'imprévu et l'aléatoire. Il faut donc prendre en compte les caractéristiques de sa situation présente et vérifier leur compatibilité avec la situation engendrée par la création de l'entreprise.
- Pourrai-je dégager suffisamment
de temps pour étudier et préparer correctement mon projet, compte-tenu de ma
situation actuelle ?
N'oublions pas que "Créer en catastrophe conduit généralement à la
catastrophe".
Une bonne préparation peut prendre entre six mois et deux ans et il est
préférable de s'y consacrer pleinement.
- Mon entourage adhère-t-il au projet ? Cette adhésion est très importante, en
particulier celle du conjoint, qui peut apporter une aide psychologique et
matérielle en prenant en charge certaines tâches.
Ma famille sera-t-elle prête à faire certains sacrifices pendant la phase de
démarrage de l'entreprise : déménagement éventuel, nouvelles conditions de vie
familiale défavorables (moins de temps libre, moins de congés...), baisse du
niveau de vie ?
Si le projet n'est pas partagé par l'entourage, des tensions peuvent très vite
se créer.
- Mes charges familiales sont-elles compatibles avec le projet ? Cette question sera primordiale, s'il n'est pas possible de bénéficier de l'apport par son conjoint d'un salaire régulier suffisant dans l'attente de la montée en puissance de l'entreprise, ou d'autres sources de revenus (fonciers par exemple).
- Mon apport financier personnel est-il suffisant pour chercher des financements complémentaires et convaincre des partenaires financiers ?
- L'entreprise pourra-t-elle générer, en temps voulu, le revenu minimal vital nécessaire, compte-tenu de mes charges financières actuelles : crédits personnels en cours, pension alimentaire, frais de scolarité élevés ? Les revenus souhaités sont-ils réalistes par rapport aux potentialités de l'affaire ?
- Ma santé est-elle
compatible avec les exigences du projet ? Notamment quand il faudra faire face
à des périodes d'intense charge de travail... La création d'une entreprise est
une source non négligeable de stress.
Les
motivations et objectifs personnels
On ne crée pas une entreprise
sans raison précise. Les motivations ne sont pas toujours toutes clairement
exprimées et certaines peuvent entraîner des déconvenues.
Il faut donc se poser, en toute conscience, la question "Pourquoi est-ce
que je souhaite créer ?"
- Pour résoudre un
problème personnel ?
- Par goût des responsabilités ? Mais
serai-je capable de prendre seul des décisions stratégiques ?
- Pour vivre un partenariat ? Mais
avons-nous tous les mêmes motivations, la même idée de l'entreprise que nous
voulons créer et de la place que nous souhaitons y occuper ?
- Pour développer une entreprise et en faire, à terme, une entreprise
importante ?
- Pour mettre en pratique une idée qui obsède depuis un certain temps ?
- Pour acquérir une indépendance ?
- Pour atteindre une certaine position sociale ? Mais ai-je conscience des nouvelles
obligations que je devrai supporter en contrepartie ?
- Pour exploiter un savoir-faire ?
- Pour concrétiser un rêve, une passion ?
- Pour me réaliser, changer de vie ? Serai-je
prêt à accepter un changement brutal (changement d'environnement, changement de
rythme...) ?
- Pour disposer d'un revenu immédiat ? Mais des décalages peuvent exister entre le démarrage de
l'activité et les premières rentrées d'argent...
- Pour exploiter une opportunité ? Si
celle-ci me "tombe dessus", suis-je réellement fait pour la création
d'entreprise si je n'ai jamais évoqué cette perspective auparavant ?
- Pour augmenter mes revenus, mon patrimoine ? ...
Certaines raisons sont un
gage de succès, car il s'agit de motifs impérieux pour lesquels on est prêt à
tous les sacrifices.
D'autres motivations risquent au contraire de se révéler néfastes pour la bonne
préparation du projet, car elles pousseront à monter l'entreprise, quoi qu'il
arrive, sans tenir compte de la réalité.
Les compétences
Un porteur de projet doit posséder à la fois :
- une personnalité
dont les traits les plus
marquants seront, ou non, adaptés aux qualités qu'il est nécessaire de posséder
pour mener à bien le projet.
Par exemple : un compagnon menuisier timide et introverti pourra difficilement
se lancer seul en tant qu'artisan dans le métier de cuisiniste. En effet, le
marché de la cuisine pour les particuliers est le théâtre de luttes âpres entre
distributeurs ayant une force commerciale très agressive.
- un potentiel, c'est-à-dire une capacité
personnelle d'action, de résistance physique, de solidité psychologique,
d'entregent, de débrouillardise, de capacité à rebondir, etc.
Cette capacité sera, ou non, suffisante pour faire face aux aléas du démarrage
et de la conduite de l'entreprise.
Par exemple : un créateur souhaitant se lancer dans un projet nécessitant une
présence active quotidienne de 12 heures, 6 jours par semaine, devra vérifier
que sa santé le lui permettra.
- des connaissances et compétences techniques, commerciales, de gestionnaire qui s'avéreront adaptées ou manquantes pour les besoins du projet.
- une expérience : les activités antérieures, en
particulier professionnelles, peuvent être un atout important si elles sont en
relation avec le projet. Le professionnalisme est une condition de succès, de
même qu'un tissu relationnel important dans le milieu concerné. A l'occasion
d'une création, les connaissances et l'expérience acquises demandent, bien
souvent, à être complétées par une formation adéquate.
L'analyse de contraintes du projet
A ce stade de la réflexion,
on doit être en mesure de déterminer les contraintes inhérentes au projet, qui
concernent :
- le produit ou la prestation : sa nature, ses caractéristiques, son processus
de fabrication ou de mise sur le marché, ...
- le marché : celui-ci peut être nouveau, en décollage, en pleine maturité, en
déclin, saturé, fermé, peu solvable, très éclaté, ...
- les moyens à mettre en 'uvre (les processus de
fabrication, de commercialisation, de communication, de gestion, de service
après vente, ...) peuvent entraîner des contraintes importantes,
- la législation : de l'existence des contraintes légales (accès à la
profession, règlementation relative à la sécurité...) peuvent dépendre la
faisabilité et la viabilité du projet
Un long travail de réflexion
doit conduire à mettre en évidence ces contraintes, afin d'en prendre bien
conscience, de considérer si elles sont surmontables, et de prévoir de mettre
impérativement en regard les parades qui s'imposent.
La cohérence homme / projet
Les écarts entre le temps, l'organisation, les compétences nécessaires au projet et les atouts et compétences personnels vont permettre de prendre une décision :
passer à une seconde phase : le montage
du projet d'entreprise,
renoncer à un projet qui présente trop de
risques,
ou le différer pour chercher un complément de
temps, de ressources financières ou de formation.
Dans
ce dernier cas, des actions correctives doivent être envisagées en évaluant
préalablement leur coût et leur délai. Selon les cas, il pourra s'agir par
exemple :
- pour se donner du temps, de demander un congé création d'entreprise ou
d'envisager une démission ou un travail à temps partiel,
- pour compléter ses ressources financières, de libérer quelques liquidités, de
solliciter ses proches (famille et relations), ou encore de modifier certains
objectifs du projet de manière à en abaisser le coût,
- pour accroître ses compétences, d'envisager une formation, de surveiller
certains de ses défauts et de valoriser ses points forts, ou encore de rechercher
des associés ayant une expérience et un savoir-faire complémentaires.

EN BREF...
Après avoir vérifié la cohérence du projet par rapport à ses propres
contraintes et atouts personnels, le porteur de projet doit passer à une
nouvelle étape : l'étude de marché,
et plus largement la faisabilité commerciale du projet.
Cette étape fondamentale est un passage obligé pour tout futur chef
d'entreprise, dans la mesure où elle lui permet :
- de mieux connaître les grandes tendances et les acteurs de son marché, et de
vérifier l'opportunité de se lancer,
- de réunir suffisamment d'informations lui permettant de fixer des hypothèses
de chiffre d'affaires,
- de faire les meilleurs choix commerciaux pour atteindre ses objectifs
(déterminer sa stratégie),
- de fixer, de la manière la plus cohérente possible, sa politique
"produit", "prix", "distribution" et
"communication" (mix marketing),
- d'apporter des éléments concrets qui serviront à établir un budget
prévisionnel,
Or, lorsque l'on interroge les porteurs de projet, on obtient souvent ce
type de témoignage :
"J'ai le projet de créer un commerce de prêt-à-porter' Je connais bien
les produits vendus dans mon futur point de vente et le type de clientèle
correspondant car je suis vendeur depuis près de dix ans dans ce secteur
d'activité.
Grâce à cette expérience, je peux me passer d'une étude de marché qui me
semble coûteuse en temps et en argent, et me consacrer à la faisabilité
financière de mon projet."
L'étude de marché est donc encore négligée par beaucoup de porteurs de projets qui n'ont pas conscience de son utilité. Si elle ne représente pas un gage de succès absolu, sa vocation est de réduire au maximum les risques en permettant au futur chef d'entreprise de mieux connaître l'environnement de sa future entreprise, et ainsi de prendre des décisions adéquates et adaptées : "Je connais mon marché, je suis donc capable de décider".
Mieux
connaître les grandes tendances du marché ainsi que ses acteurs et vérifier
l'opportunité de se lancer
L'appellation "étude de marché" peut intimider ceux qui, ne se
sentant pas suffisamment compétents, préféreront éviter ou négliger cette
étape. Or, une étude de marché reste avant tout une affaire de méthode et de
bon sens !
Il serait imprudent de se lancer dans un projet sans avoir répondu aux
questions suivantes :
Quelles sont les grandes tendances du
marché ?
Il s'agit tout d'abord de clairement identifier son marché :
- marché des entreprises, des particuliers, des loisirs, des biens de grande
consommation ?
- marché en développement, en stagnation, en déclin ?
- que représente t-il en volume de vente et en chiffre d'affaires ?
Qui sont les acheteurs et les
consommateurs ?
Quels sont leurs besoins ?
Comment achètent t-ils ?
Où vivent t-il ?
Comment se comportent t-ils ?...
Qui sont les concurrents ?
Combien sont-ils ?
Où sont-ils ?
Que proposent t-ils ?
A quels prix ?...
Quel est l'environnement de mon
marché ?
Il s'agit ici d'identifier :
- les processus d'innovation et les évolutions technologiques du marché,
- son cadre réglementaire et législatif (autorisations requises, taxes à payer,
diplôme à posséder, identification des prescripteurs...)
Quelles sont les contraintes de mon
marché et les clefs de succès ?
Quelles sont les opportunités et les menaces éventuelles ?...
Y-a-t-il, oui ou non, une opportunité
pour que mon projet réussisse ?
Mon projet a-t-il sa place sur le marché ?
Va-t-il apporter un "plus" par rapport à la concurrence ?
Va-t-il répondre à un besoin non encore couvert par la concurrence ?
Fixer
des hypothèses de chiffre d'affaires
Après avoir analysé méthodiquement le marché, on doit être en mesure
d'évaluer un chiffre d'affaires prévisionnel réaliste.
De ces objectifs dépendront non seulement la décision définitive de se lancer,
mais également l'ensemble de la politique de développement commercial de l'entreprise
et des moyens financiers, matériels et humains à mettre en place.
Il est donc recommandé d'agir avec précaution, réflexion et mesure.
Il n'existe pas une, mais plusieurs méthodes de calcul pour aboutir à un
chiffre d'affaires réaliste :
- l'une d'elles consiste à étudier des projets similaires sur sa zone ou sur
d'autres zones géographiques.
- une autre à évaluer, dans le cadre d'une enquête de terrain, les intentions
d'achat des clients potentiels,
- une autre à tester tester son projet en grandeur
nature.
L'idéal est d'utiliser plusieurs méthodes afin de faire ressortir une hypothèse
basse et une hypothèse haute.
Faire
les meilleurs choix pour atteindre ses objectifs
Certains parleront de "choix à faire", d' "axes prioritaires" ou encore d' "angle d'attaque du marché"... d'autres parleront de "stratégie commerciale". Au-delà d'un vocabulaire technique, parfois mal adapté, il est nécessaire de faire un point sur l'utilité et l'objectif de la stratégie.
La stratégie, c'est en fait le fil conducteur qui va permettre à
l'entreprise d'atteindre le chiffre d'affaires fixé au prélable.
Il s'agit d'opter pour le meilleur angle d'attaque en tenant compte des
concurrents, des clients et du projet.
C'est généralement l'étape la plus délicate car elle nécessite réflexion,
logique, créativité et souvent talent.
Un chef d'entreprise doit toujours garder à l'esprit, lorsqu'il définit sa
stratégie, la manière avec laquelle il va atteindre ses objectifs en s'insérant
durablement sur son marché, tout en tenant compte des spécificités de son
entreprise.
Obtenir le
mix-marketing le plus cohérent possible
On appelle mix
marketing l'ensemble des décisions de marketing prises par l'entreprise, à
un moment donné, sur un produit ou sur l'ensemble de sa gamme, pour influencer
et satisfaire sa clientèle. Ces décisions concernent :
le produit : quel(s)
produit(s) ou service(s) va-t-il proposer à ses futurs clients ?
le prix
: à quels prix va-t-il le(s) vendre?
la distribution
: comment va-t-il le(s) vendre ? Quels vont être ses réseaux de distribution
(en direct, avec des intermédiaires, par internet) ?
et la communication
: comment va-t-il se faire connaître ?
Exemple de manque de cohérence : accepteriez-vous d'acheter du pain 30 % plus
cher qu'ailleurs, alors que celui-ci ne serait pas de meilleure qualité que
celui des autres boulangers ?
Apporter des éléments concrets qui serviront à établir le
budget prévisionnel
Après avoir défini les différents éléments du mix-marketing, le porteur de
projet est en mesure de chiffrer le coût des actions qu'il envisage de mettre
en oeuvre pour se lancer.
Quel sera le coût de fabrication ou de
production du produit par exemple ?
Quel seront les coûts de commercialisation ?
Ou encore, quel sera le coût de la promotion
ou de la communication ?
Tous ces éléments chiffrés seront par la suite réintégrés dans le plan de
financement du porteur de projet.
Comment réaliser son étude de marché ?
Tout d'abord en acquérant un minimum de connaissances
sur la notion de "marché" et sur les moyens d'actions permettant
d'agir sur un marché.
Puis en suivant une démarche ordonnée et
structurée : recherche d'informations, réalisation d'enquêtes, synthèse et
analyse des informations recueillies, rédaction d'un rapport, estimation du CA
prévisionnel, ...
L'APCE propose une méthode de travail de base
permettant à un porteur de projet non averti d'aborder son étude de marché,
seul ou avec une aide extérieure.

EN BREF...
L'établissement des prévisions financières
consiste à traduire, en termes financiers, tous les éléments réunis au cours
des étapes précédentes et à vérifier la viabilité de son entreprise en
projetant ces éléments sur une période pertinente et suffisamment lisible : 3
ans.
Pour les gros projets il n'est pas rare que les prévisions soient réalisées sur
5 ans, voire plus. Mais, dans la majorité des cas, une période triennale est
largement suffisante.
Les différents choix opérés
concernant la nature du produit ou de la prestation, la façon d'exploiter le
marché et le mode de gestion de la future entreprise vont nécessiter de
recourir à certains moyens techniques et humains, qu'il convient d'évaluer
précisément.
Une méthode simple consiste :
à répondre, pour chaque fonction de
l'entreprise - acheter, stocker, fabriquer, prospecter, vendre, etc. - aux
questions suivantes : comment ? avec quoi ? avec qui ?
puis, à
dresser un tableau reprenant l'ensemble de ces moyens avec leur traduction en
termes de coûts, excepté les capitaux découlant implicitement du cycle
d'exploitation sur lequel nous reviendrons en parlant du besoin en fonds de
roulement.
Voir modèle de
tableau
Les prévisions financières devront pour l'essentiel répondre à 5 grandes questions :
1. Quels sont les capitaux nécessaires pour lancer le projet ? Est-il possible de les réunir ? L'élaboration du plan de financement initial permettra de répondre à ces questions.
3. Les recettes encaissées par l'entreprise tout au long de l'année permettront-elles de faire face en permanence aux dépenses de la même période ? Le plan de trésorerie permettra de mettre en évidence, mois par mois, l'équilibre ou le déséquilibre entre encaissements et décaissements.
4. Quel montant minimal de ventes ou de prestations de services faudra-t-il impérativement atteindre au cours de la première année pour pouvoir au moins faire face à toutes les charges de l'exercice : Le calcul du point mort ' ou seuil de rentabilité ' permettra de répondre à cette question.
5. Enfin, la solidité financière de l'entreprise prévue grâce au plan de financement initial se poursuivra-t-elle au fur et à mesure du développement de l'affaire ? Le plan de financement à 3 ans permettra de vérifier si, effectivement, la structure financière de la nouvelle entreprise se maintient et même s'améliore, malgré de nouveaux besoins durables de financement apparaissant dans le temps. Une bonne structure financière est une des conditions de longue vie pour les nouvelles entreprises.
Cette
démarche doit conduire à la construction d'un projet cohérent et viable puisque
chacune des options prises trouve sa traduction financière et sa répercussion
sur les équilibres financiers.
Si le déséquilibre est trop important, le projet doit être remanié et sa
structure financière adaptée en conséquence.
L'établissement du plan de financement initial
Il consiste à remplir un
tableau regroupant :
du
côté gauche tous
les besoins financiers durables de l'entreprise, c'est-à-dire :
les frais d'établissement,
les "équipements" au sens
large qu'il faut acheter (les investissements HT selon leur nature deviendront
ultérieurement les immobilisations incorporelles, corporelles et financières
dans le bilan du premier exercice de l'entreprise),
le Besoin en fonds de roulement (BFR), c'est-à-dire le montant d'argent utilisé en
permanence, tant dans l'achat et la détention du stock dont on a besoin tout le
temps pour fonctionner correctement (montant diminué des facilités de paiement
consenties en permanence par les fournisseurs) que dans les délais de paiement
que l'on va être obligé d'a